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Les républicains du Texas se déchirent, le procureur général sous la menace d’un impeachment

De notre correspondant aux Etats-Unis,

« Dallaaaaas, ton univers impitoyable ». Dans une saga qui n’a rien à envier au célèbre feuilleton des années 1980, le procureur général du Texas, Ken Paxton, se trouve sous la menace d’un impeachment mené par les républicains du Lone star state, avec un vote prévu samedi. Accusé de corruption et d’entrave à la justice dans une affaire tortueuse impliquant un riche donateur et des lanceurs d’alerte, cet allié de Donald Trump a riposté en demandant la tête du Speaker de la Chambre, suggérant qu’il avait présidé une séance ivre.

En cas de procès au Sénat, l’avenir de Paxton pourrait notamment être décidé par sa femme, élue en 2019. Qui devrait considérer un article accusant le procureur général d’avoir fait embaucher sa maîtresse.

Inculpé par la justice texane et visé par une enquête du FBI

Les ennuis de Ken Paxton remontent à 2015. A peine élu procureur en chef (attorney general), l’ancien représentant et sénateur est inculpé pour fraude financière par la justice texane, qui l’accuse d’avoir vendu des actions à des investisseurs sans dévoiler qu’il était compensé par l’entreprise. Maintes fois repoussé, son procès n’a toujours pas eu lieu.

Pendant des années, les élus ont fait comme si de rien n’était, y compris en 2020 quand Paxton a été accusé par quatre subordonnés d’avoir utilisé les services judiciaires texans pour aider un riche donateur de sa campagne. Qui aurait en échange embauché la maîtresse du procureur. Selon CNN, une enquête a depuis été ouverte par la FBI.

Les quatre lanceurs d’alertes ont attaqué le bureau de l’attorney general au civil, accusant Paxton de les avoir licenciés en représailles. Le procureur a fini par conclure un accord à l’amiable de 3,3 millions de dollars – une facture censée être réglée par les contribuables texans. C’est là que les élus républicains ont décidé de siffler la fin de la récré, pour éviter de devoir approuver ce règlement.

Alors que l’étau se resserrait, Ken Paxton a demandé cette semaine la tête du Speaker républicain de la Chambre, Dade Phelan, affirmant que ce dernier avait présidé une séance ivre. Sur la vidéo, le Speaker ne semble clairement pas frais, mais plusieurs collègues, y compris démocrates, affirment que la journée avait été très longue et qu’il n’était pas sous l’influence de l’alcool.

L’épouse de Paxton, potentielle jurée

Tout s’est accéléré jeudi. Un comité a voté à l’unanimité pour présenter 20 articles d’impeachment contre Ken Paxton, qui doivent être examinés par la Chambre samedi. Comme au Congrès de Washington, une mise en accusation se vote à la simple majorité. Différence notoire, en cas d’impeachment, l’attorney general serait suspendu de ses fonctions, en attendant le verdict d’un procès au Sénat.

Pour une condamnation – synonyme de destitution – une majorité des deux tiers est nécessaire, soit 21 sénateurs sur 31 (19 républicains et 12 démocrates). Pour ajouter du piquant à ce soap opera, le destin de Paxton pourrait notamment se trouver entre les mains de son épouse Angela, élue sénatrice en 2019. Si un procès a lieu, elle aurait toutefois la possibilité de se récuser.

L’affaire secoue les républicains au niveau national. En 2020, Ken Paxton avait farouchement soutenu les accusations de fraude de Donald Trump, allant même jusqu’à déposer un recours devant la Cour suprême des Etats-Unis, que l’instance avait rejeté. L’ancienne porte-parole de la campagne de Trump de 2016, Katrina Pierson, a pris position, assurant sur Twitter : « Les républicains MAGA texans soutiennent Ken Paxton face à l’establishment républicain qui se joint aux démocrates pour attaquer notre Attorney General. » La guerre civile n’est pas loin.



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