Business

Levothyrox, Dépakine… notre enquête exclusive sur le rôle des autorités sanitaires dans ces scandales en série

Les cheveux plaqués en arrière et le regard alerte, Irène Frachon fait les cent pas dans les couloirs de la cour d’appel de Paris. La pneumologue brestoise qui a été l’une des premières à dénoncer le scandale du Mediator s’apprête à témoigner à la barre. «Les laboratoires Servier n’ont pas accepté la première décision qui les condamnait à 2,7 millions d’euros d’amende pour tromperie aggravée. Une journée de chiffre d’affaires contre 2.000 morts et des dizaines de milliers de vies brisées, ce n’est quand même pas cher payé», lâche sèchement la lanceuse d’alerte.

>> Notre service – Faites des économies en testant notre comparateur d’Assurances Santé

Pendant trente ans, le groupe français a, en effet, réussi à dissimuler la nature amphétaminique de ce prétendu antidiabétique souvent prescrit à des personnes en surpoids. Résultat? Tout en faisant maigrir, le Mediator a détruit les valves cardiaques d’un grand nombre de patients, mêmes jeunes et en parfaite santé. «Plus nous apportions des preuves sur la toxicité du Mediator, plus les experts de l’Afssaps (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) balayaient nos documents en reprenant les éléments de langage du laboratoire. Servier avait des complices dans la place, cela a été démontré au tribunal», martèle Irène Frachon.

En 2011, l’entêtement de la pneumologue paie. Pour calmer l’émoi médiatique que suscite chacune de ses interventions, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, fait table rase. Il dissout l’Afssaps et crée l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Nouvelle direction, nouvelle organisation, un maître mot: transparence. Exit les industriels du siège de l’Agence. Les décisions de mise sur le marché des médicaments s’opéreront sans eux. Le bâtiment tout de verre et d’acier situé à Saint-Denis, en banlieue parisienne, n’accueillera désormais que des professionnels de santé non suspects de conflits d’intérêts tout en faisant participer les patients aux prises de décision. De bien belles promesses…


À LIRE AUSSI

Mediator : les laboratoires Servier de retour devant la justice pour six mois d’audience

Une très forte hausse des hospitalisations due aux effets secondaires de médicaments

En ce matin d’avril 2017, dans le train qui la conduit à Paris, la Briochine Isabelle Ellis piaffe d’impatience. Elle a rendez-vous à l’ANSM. Elle va enfin pouvoir parler de l’enfer qu’elle vit à cause de l’implant contraceptif Essure commercialisé par les laboratoires Bayer: sept années en fauteuil roulant, des problèmes pulmonaires, des douleurs qui l’empêchent de s’occuper de ses enfants. Elle espère que sa parole permettra d’en interdire la commercialisation. «Toute la réunion a consisté à éluder la vraie question: cet implant est-il dangereux pour notre santé? Le docteur Olivier Graesslin a fait une présentation favorable des Essure en omettant de parler des patientes qui avaient déjà dû se faire retirer le dispositif au péril de leur vie.»

Quatre ans plus tard, quand les premiers chiffres officiels tombent, on dénombre plus de 30.000 victimes dont 51 décès ! Entre 2014 et 2019, le docteur Graesslin a perçu plus de 30.000 euros du laboratoire Bayer pour différents essais cliniques et siège toujours au comité de l’ANSM sur les implants Essure. De quoi interroger.


À LIRE AUSSI

Médicaments : un nouveau scandale du Mediator est-il possible ?

Si officiellement les industriels n’ont plus droit de cité à l’Agence, leurs ombres planent partout dans les couloirs feutrés du bâtiment de Saint-Denis. Un ancien membre toujours tenu à la confidentialité dénonce cette collusion: «L’ANSM a peut-être fait le ménage en interne mais, dans le cadre des missions d’expertise, elle a un mal fou à recruter des médecins ou des professeurs qui ne sont pas en relation avec les industriels.»

Et pour cause: alors que la France compte 226.000 praticiens, la base de données Euros For Docs recense 19,7 millions de liens d’intérêts sur la période 2012-2021. «L’influence des laboratoires sur l’ensemble du monde de la santé est immense, explique Frédéric Pierru, sociologue au CNRS, spécialiste des questions de santé. En moins de dix ans, en France, les Big Pharma ont dépensé 8,6 milliards d’euros en colloques, symposiums, conventions, essais cliniques et autres… De quoi tisser une toile au maillage aussi serré qu’invisible. Avec un budget de fonctionnement annuel de 130 millions d’euros, l’ANSM ne peut pas lutter.»

Plongée au cœur d’un système qui cherche à rogner sur l’impartialité de ses membres, l’ANSM brandit, malgré tout, la carte de l’indépendance. Elle revendique «d’assurer la sécurité des produits de santé» et «d’agir au service des patients». «C’est aller un peu vite en besogne, confie Christophe Lèguevaques, avocat de 3.000 victimes. Dans l’affaire du Levothyrox, quand les premières plaintes sont apparues après le changement de formule, l’Agence a fait le dos rond. Elle n’a pas sanctionné Merck qui n’avait rien indiqué sur la boîte de médicaments. Elle a préféré croire l’industriel plutôt que les milliers de malades qui manifestaient leurs troubles. Cette connivence peut s’expliquer parce que des experts dits indépendants, voire des membres de l’Agence, avaient été rémunérés par Merck quelques années auparavant.» Le laboratoire Merck, de son côté, «réaffirme sa confiance dans la qualité de son médicament (…)». Quant à l’ANSM, elle n’a pas souhaité répondre à nos questions, nous renvoyant vers son site.

L’ANSM et les industriels, une proximité peu scientifique

Cette porosité des liens entre l’Agence et les industriels est également entretenue par les multiples échanges entre les deux parties. Rien qu’en France, au bas mot, 450 congrès médicaux sont organisés chaque année, auxquels peuvent assister les experts de l’ANSM. Mais les rencontres peuvent être aussi plus informelles, comme lors du Cham, à Chamonix, qualifié de«Davos de la santé», ou plus modestement aux Ateliers de Giens. Ces séminaires de pharmacologie se déroulent chaque été sur la discrète presqu’île éponyme et réunissent le monde médical, pharmaceutique et… l’ANSM. «J’y ai été invitée une fois, explique l’épidémiologiste Catherine Hill. C’est une promiscuité que j’avais trouvée d’assez mauvais goût. Les participants n’y vont pas pour les débats scientifiques mais pour réseauter.»

Aux Etats-Unis, les limites sont posées bien plus clairement. La FDA (Food and Drug Administration, l’équivalent de l’ANSM) rémunère suffisamment bien ses experts pour que ces derniers s’engagent à n’avoir aucun lien d’intérêts avec les industriels. «Lors des colloques internationaux, les membres de la FDA sortent des sandwichs de leurs sacs pour ne pas à avoir à manger les petits-fours des labos!», souligne Catherine Hill.

Ce qui est certain, c’est que les hospitalisations relevant d’effets indésirables générés par des médicaments grimpent en flèche. Une étude menée en 2018 par les 31 centres régionaux de pharmacovigilance avait ainsi recensé 212.500 cas, soit une hausse de 47% par rapport à 2007. Quant au nombre de décès, il oscillerait entre 10.000 et 18.000 suivant les années!

«Il y a un trou dans la raquette en matière de gestion de risques, et sans doute ne fait-il que s’élargir, souligne Dominique Dupagne, médecin. Depuis une dizaine d’années, l’ANSM n’est quasiment plus responsable des mises sur le marché des médicaments. Tout se joue au niveau européen. L’ANSM est néanmoins chargée de leur surveillance en France. Résultat: une moindre maîtrise des sujets et donc plus de difficultés à réagir quand une alerte apparaît.»

Des substances très préoccupantes continuent d’inonder le marché

Et les alertes ne manquent pas. La revue indépendante «Prescrire» – financée par ses abonnés et sans lien d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques – publie chaque année le bilan des médicaments plus dangereux qu’utiles depuis 2013. «Les données cliniques transmises aux agences du médicament par les firmes sont focalisées sur l’efficacité, beaucoup moins sur les effets indésirables, souligne Séverine Carré-Pétraud, médecin expert pour le magazine.

A “Prescrire”, nous constatons que trop souvent, lorsqu’un doute apparaît, il bénéficie à la firme et non à la sécurité des patients.» La revue indépendante tire ainsi la sonnette d’alarme sur certaines substances très préoccupantes… En vain. Elles continuent d’inonder le marché. Certaines sont même disponibles sans prescription dans les officines! «C’est le cas de la pseudoéphédrine. Ce décongestionnant nasal retrouvé dans de nombreuses spécialités – Humex rhume, Nurofen rhume, Dolirhume paracétamol et pseudoéphédrine… – est dangereux à cause de ses effets indésirables cardiovasculaires graves», poursuit Séverine Carré-Pétraud.


À LIRE AUSSI

Médicaments : le laboratoire Biogaran et un cardiologue condamnés pour le décès d’un patient

Cette lenteur de l’ANSM à prendre des décisions et à informer les patients est précisément au cœur du scandale de la Dépakine. Dès 1984, des études scientifiques montrent que l’antiépileptique des laboratoires Sanofi augmente le risque de donner naissance à des enfants atteints de troubles autistiques. «Malgré les preuves qui se sont accumulées au fil des ans, il a fallu attendre 2014 pour que l’Agence se décide à lancer une alerte efficace sur le risque de troubles graves du développement (jusqu’à 30 à 40% des cas) et/ou de malformations congénitales. Aujourd’hui, 30.000 familles sont victimes de sa négligence», souligne Charles-Joseph Oudin, avocat de nombreuses victimes.

L’ANSM mise en examen pour «blessures et homicides involontaires par négligence»

Dans le cas de l’Androcur et des autres progestatifs (des médicaments utilisés notamment pour soigner l’endométriose ou encore les fibromes), la communauté scientifique connaissait les risques de développer des méningiomes – tumeurs des méninges – au moins depuis 2004, mais ce n’est qu’en 2018 que l’ANSM a publié une alerte permettant une information adéquate des patientes et des médecins! «Nous sommes des millions à avoir pris ce médicament en toute innocence, explique Emmanuelle Huet-Mignaton, présidente de l’association Amavea (informations, aide et soutien aux victimes de méningiomes). Dans mon cas, c’était pour traiter de l’endométriose. J’ai développé cinq méningiomes dont un de 6 centimètres. Avant mon opération du cerveau, j’avais perdu l’usage de ma main droite, j’étais aphasique. Des personnes sont devenues hémiplégiques. Le plus terrible, c’est que certains gynécologues qui siègent dans les comités de suivi de l’ANSM sont parfois encore dans le déni et pensent que l’on peut continuer à prescrire ce médicament sans informer du risque.»

Aujourd’hui, beaucoup de scientifiques pointent aussi les défaillances de l’Agence en matière d’analyse de données pharmacologiques. «Il y a une rupture de l’expertise, tacle de manière diplomatique un chercheur reconnu de la communauté scientifique. Difficile de dire si elle est liée à un recrutement de profils trop juniors par manque de budget ou à un déficit de formation continue, gage de compétences internes. Mais elle a conduit et conduira fatalement à des catastrophes.»

Levothyrox nouvelle formule : une étude préalable inadéquate

En 2017, l’ANSM a ainsi donné son feu vert à la commercialisation de la nouvelle formule du Levothyrox. Mais, en quelques semaines, elle se retrouve submergée par un raz-de-marée de plaintes. Elle n’a pas vu que l’étude préalable à la mise sur le marché des laboratoires Merck était inadéquate. Cette dernière reposait sur une comparaison du taux d’hormones thyroïdiennes moyennes entre l’ancienne et la nouvelle formule. «Cette “comparaison moyenne” est peut-être ce que recommandent les autorités européennes, mais, pour un médicament avec une marge thérapeutique aussi étroite, il fallait s’attacher à la variation entre les deux formulations pour chaque individu», souligne l’épidémiologiste Catherine Hill.

Si ce problème de méthodologie majeure n’a pas sauté aux yeux de l’ANSM, il a néanmoins éveillé les soupçons de Pierre-Louis Toutain et Didier Concordet, respectivement pharmacologue et statisticien à l’Ecole vétérinaire de Toulouse. En 2018, ils reprennent les données de l’étude rendues publiques sur le site de l’ANSM et démontrent de manière implacable que les variations individuelles font le yoyo chez plus de 60% des 200 volontaires à l’essai! «Les manquements de l’ANSM sont graves. Jusqu’à ce que cette étude tombe, des dizaines de milliers de personnes ne savaient pas à quoi relier leurs symptômes: fatigues intenses, insomnies, nausées, dépression, chutes, envies suicidaires… Le pire, c’est que certains de nos interlocuteurs à l’Agence persistent à ne pas nous croire et se positionnent clairement du côté de Merck», explique Beate Bartès, présidente de l’association Vivre sans thyroïde.

Entre l’ANSM et de nombreuses associations de victimes, les relations sont logiquement devenues… glaciales. En février 2017, après de très nombreux signalements, l’ANSM charge un scientifique de l’Ecole des mines d’étudier les implants Essure. Son rapport, rendu en avril de la même année, est accablant et pointe la dangereuse dégradation des ressorts métalliques insérés dans le corps des femmes. Un mois plus tard, alors que se tient un comité qui vise à déterminer la balance bénéfices-risques du dispositif, le document a disparu des radars. Interrogé par Capital, l’auteur de ce rapport révèle: «J’étais étonné que personne n’en parle, d’autant qu’à ma connaissance il n’existe pas d’implant aussi dangereux pour l’organisme sur le marché. Mais l’ANSM m’avait fait signer une convention m’interdisant de transmettre les résultats pendant dix ans.» Les victimes qui ont eu accès à ce document «fantôme» en 2022 grâce à une fuite sur le site de Splann! (ONG bretonne d’enquêtes journalistiques) ne décolèrent pas. «C’est une trahison: si nous avions eu connaissance d’une telle toxicité, nous n’aurions pas passé tant de temps dans l’errance médicale», explique Brigitte Marty Molino, présidente de Victim-DMI, qui regroupe des victimes des Essure et d’autres dispositifs médicaux.

L’ANSM assignée en justice

Depuis quelques années, beaucoup d’affaires se règlent donc devant les tribunaux. En 2020, l’Agence était mise en examen pour «blessures et homicides involontaires par négligence» dans l’affaire de la Dépakine et en 2022 pour «tromperie» dans celle du Levothyrox. Elle a également été assignée en justice par des victimes des implants Essure, des bandelettes périnéales et de l’Androcur. En juin 2022, une association de patients victimes du 5-FU a également assigné l’ANSM, lui reprochant de ne pas avoir opéré de surveillance sur la toxicité du produit anticancéreux pour une période qu’elle estime à dix-sept ans.

Enfin, plus récemment, des associations de patients victimes des fluoroquinolones ont porté plainte contre X, espérant la mise en examen de l’institution et de l’ensemble des autorités de santé. Ces antibiotiques prescrits dans le cas d’infections bactériennes peuvent provoquer des troubles musculo-squelettiques, des neuropathies, des anévrismes… «Pour beaucoup de victimes, le contrat de confiance est rompu, explique Sabine Hahner, vice-présidente de l’association Victim-DMI. Le Mediator a beau être passé par là, on continue d’aller de crise en crise sans que rien ne change.»

Lorsque l’ANSM est assignée au tribunal… c’est le laboratoire incriminé qui produit des pièces en réponse pour l’aider. «La justice estime que si l’ANSM est attaquée, l’industriel l’est aussi», explique Stephen Duval, avocat de victimes de médicaments et de dispositifs médicaux à Lyon. Pour noyer les juges et instiller le doute, les laboratoires émettent des milliers de documents. «Pour répondre à cette production, il faudrait être 10 avocats à travailler pendant des années. Et 80% des documents sont des études sans aucun intérêt scientifique. Encore faut-il les lire, les analyser… Les industriels du tabac, du pétrole et plus récemment des pesticides ont été les premiers à user de cette technique.»


À LIRE AUSSI

Scandale de la Dépakine : Sanofi condamné pour manque d’informations sur la notice

Face aux Big Pharma, les victimes font figure de petits joueurs. L’ANSM aussi. «L’Agence est un fusible sur lequel tout le monde vient taper, lâche le sociologue Frédéric Pierru. En réalité, les affaires qui incriminent un laboratoire remontent à Matignon, voire à l’Elysée. C’est à ce niveau que se joue une éventuelle sanction. Et elle est rare. Le chantage à l’emploi est implicite…»

L’institution doit-elle en passer par une nouvelle organisation pour se prémunir de l’emprise des industriels? «Cela peut paraître contre-intuitif, mais l’ANSM aurait tout intérêt à s’entourer d’un collège d’experts seniors de haut niveau ayant travaillé pour les labos. Ils sont pointus et ont infiltré les méthodes de travail de l’intérieur, propose Dominique Dupagne. Mais il faudrait, à l’instar de la FDA aux Etats-Unis, les payer très confortablement et, en contrepartie, leur interdire définitivement de collaborer avec l’industrie.» Le prix à payer pour éviter un énième scandale?

Quand l’Agence nationale du médicament évince les lanceurs d’alerte

Maman d’un enfant né avec des troubles autistiques sévères à cause de la Dépakine, un antiépileptique qu’elle a pris pendant sa grossesse, Marine Martin a réussi à imposer, en 2017, deux logos «femme enceinte» sur les médicaments qui présentent un caractère tératogène ou foetotoxique. L’un indique que le produit leur est déconseillé, l’autre qu’il leur est interdit. Des avertissements qui concernent 60% de la pharmacopée. «J’ai appris le 6 décembre dernier, lors d’une réunion impromptue à l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), que ces logos sont remis en cause et que je n’aurai pas le droit de participer aux débats», s’indigne la lanceuse d’alerte. L’ANSM a, en effet, préféré faire appel à d’autres associations, dont François Aupetit et Renaloo, largement financées par les industriels.

Au cours des dix dernières années, chacune d’elles a perçu plus de 800 000 euros. «Nous sommes transparents : les apports des laboratoires constituent 20% de notre budget, explique Anne Buisson, présidente de l’association François Aupetit. Nous avons mis en place une charte qui garantit notre indépendance. Ces sommes nous aident à mener des projets pour les malades et à faire connaître la maladie de Crohn.» Certes, mais en opérant ce choix, l’ANSM contrevient à son propre règlement. Une recommandation interne datant de 2017 indique que «le financement d’une association par un laboratoire pharmaceutique pour une somme supérieure ou égale à 10 000 euros (dans les deux années précédentes) risque de placer le représentant en situation de conflit d’intérêts.» Le 10 février 2023, Marine Martin a déposé un recours en annulation devant le tribunal administratif de Montreuil.

Un système d’accréditations peu fiable

Si la mise sur le marché des médicaments relève de l’Agence nationale de sécurité du médicament ou de l’Agence européenne des médicaments, nécessitant pléthore d’études, celle des dispositifs médicaux dépend d’organismes notifiés. Ces prestataires de services accordent le précieux sésame CE après examen d’un dossier établi par le fabricant et une rémunération pouvant atteindre 300.000 euros. En 2014, après avoir envoyé un dossier truffé d’erreurs et d’approximations, une journaliste néerlandaise avait ainsi réussi à obtenir un accord de principe pour mettre sur le marché un dispositif évitant le prolapsus (descente des organes qui reposent sur le plancher pelvien) qui était, en réalité, un… filet de mandarines !

Source link