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Ne pas réutiliser les traverses de chemin de fer traitées à la créosote

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Un produit hautement cancérigène.

Résumé

Réutiliser de vieilles traverses de chemin de fer en bois dans son jardin ou sa maison peut paraître une bonne affaire. Pourtant, elles représentent un danger pour la santé, car elles sont traitées à la créosote, destinée à les rendre résistantes aux champignons et aux insectes, une substance hautement cancérigène, par contact avec la peau ou par inhalation.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelle qu’il ne faut en aucun cas se servir des traverses de chemin de fer, ni comme matériel de construction, ni comme bois de chauffage.

Également appelée « goudron de houille », la créosote est obtenue par distillation de goudrons végétaux, notamment du goudron de hêtre. Elle est employée depuis le XIXe siècle comme produit de traitement des bois situés à l’extérieur, pour ses propriétés antifongiques, antimousses et anti-insectes. Pendant des décennies, la créosote a ainsi permis de rendre imputrescibles les traverses de chemin de fer et les poteaux téléphoniques.

La créosote, hautement cancérigène

Or la créosote est cancérigène, provoquant en particulier des cancers du scrotum. Elle est également à l’origine de troubles de la fertilité. Elle est nocive par contact et aussi par inhalation lorsqu’on brûle des bois traités avec ce produit. En France, l’utilisation de bois traités à la créosote, neufs ou anciens, est interdite depuis 2018, sauf pour protéger les traverses de chemin de fer dans des conditions très encadrées.

Les usages secondaires sont également interdits. Par exemple, les particuliers n’ont pas le droit de « détourner » ces traverses ou ces poteaux pour en faire des clôtures, des bordures de massifs, de potagers ou de terrasses, de bacs à sable pour les enfants, du charbon ou du bois de chauffage. Ces usages présentent non seulement des risques pour la santé des consommateurs, mais également pour l’environnement. Des pratiques d’échanges de seconde main, voire de vente de matériaux de récupération, subsistent encore malgré cette interdiction.

Pour les personnes qui auraient, dans leur maison ou leur jardin, des traverses réutilisées, il convient d’isoler celles-ci, de les protéger de la pluie par un film plastique et de les rendre inaccessibles, en particulier aux enfants et aux animaux domestiques.

La nécessité d’un marquage des bois traités et d’un recyclage encadré

Face à ce danger, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelle qu’il ne faut pas réutiliser des traverses de chemin de fer [1]. Les bois créosotés existants doivent être éliminés en tant que déchets dangereux. Par ailleurs, actuellement, seule l’appellation « bois de traverse » renseigne sur l’origine de ces morceaux de bois. L’Agence recommande donc qu’un marquage permanent soit appliqué lors du traitement du bois à la créosote pour qu’il soit identifiable dans le temps.

De plus, afin d’harmoniser les restrictions dans tous les pays européens, l’Anses a déposé un dossier auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) dans le cadre du règlement sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et la restriction des substances chimiques (Reach). Cette proposition vise à permettre uniquement un réemploi à l’identique des bois traités à la créosote pour l’usage biocide autorisé : par le même usager, dans le même pays, selon les mêmes conditions, c’est-à-dire par exemple en France, la réutilisation en tant que traverses de chemin de fer (600 000 traverses sont changées chaque année).

L’analyse socio-économique montre qu’en l’absence d’une autre solution techniquement et économiquement viable à ce jour pour protéger le bois, cette option limiterait la production de nouveaux bois traités à la créosote.

Attention, certains charbons de bois de provenance incertaine peuvent aussi contenir de la créosote, car issus de traverses de chemin de fer [2]. La prudence exige de ne recourir qu’à du charbon de bois normalisé NF ou provenant de forêts françaises.

 

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