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Top 14 – Les confidences franches et touchantes de Rabut après sa sévère commotion contre Bath

De retour parmi les titulaires face à l’USAP, ce samedi après-midi, le centre varois s’est exprimé face à la presse sur les maux et les inquiétudes qui ont suivi son choc face à l’équipe anglaise, en Challenge Cup, il y a deux mois.

Son sourire a inondé la salle de presse du RCT Campus. Voilà un bon moment que l’on n’avait pas eu des nouvelles de Maëlan Rabut. Arrivé lors de la dernière intersaison en provenance de Vannes, le centre a connu une première année sous le sceau de la malchance entre une blessure à la clavicule lors de la présaison, et une commotion contre Bath, le 15 janvier dernier.  

À l’image de plusieurs acteurs, le natif de Paris a brisé le tabou en mettant des mots sur les maux ressentis. “Ce n’est jamais facile de gérer une période de commotion, surtout que j’ai quelques difficultés à revenir. Lors de la reprise de l’entraînement, j’ai senti une grande fatigue. J’avais mal à la tête. Je ne me sentais pas… Du coup, je n’ai plus eu le droit de faire du sport, je n’avais pas le droit aux écrans. J’avais une hypersensibilité au niveau des yeux.”

Pour gérer au mieux la convalescence de son élément, Toulon a envoyé son joueur vers Romain Bordas, orthoptiste de formation, spécialiste en trouble neurovisuel, basé à Lyon. “Ces exercices m’ont beaucoup aidé, a rendu hommage l’intéressé. C’est une problématique que l’on rencontre de plus en plus, et c’est important que l’on en parle dans le rugby.”

“Toulon a très bien géré mon cas”

Micro ouvert, l’ex-gamin du PUC et de Massy a continué de dérouler. “Franchement, j’ai été un peu inquiet au début, on ne va pas se mentir. J’en avais déjà eu une bénigne auparavant, avec une semaine d’arrêt. Là, c’était beaucoup plus dur. J’ai aussi vu la dernière étude qui est sortie comme quoi on ne connaissait pas encore vraiment les impacts sur le cerveau… On ne connaît pas encore vraiment bien tout ce qui concerne les commotions.”

Ces derniers jours, le cabinet d’avocats Ryland Garth, défendant le groupe de rugbymen qui a intenté une action en justice contre les fédérations anglaise et galloise, et World Rugby, a tapé fort en estimant que leurs recherches démontrent “que 400 joueurs sont morts de façon prématurée ces dix dernières années en raison de dommages au cerveau.” De quoi faire froid dans le dos des acteurs principaux. 

Face à la concurrence épaisse, et au risque de disparaître des radars du staff varois, Rabut s’est-il senti coupable ? “Bien sûr, il y a eu cette ambivalence entre l’envie de jouer et le fait de devoir me reposer. On peut vite se poser des questions quand on est à la maison. Mais, je suis conscient des risques que cela peut avoir sur ma mémoire. Je n’ai pas voulu forcer les choses. Puis, Toulon a très bien géré mon cas et il faut le dire. Ils ont adapté mon protocole de reprise. Je pense, c’est ce vers quoi on doit tendre.”

Cette mauvaise passe derrière lui, le longiligne trois-quarts (1.95 m, 100 kg) veut désormais faire parler de lui par ses performances. “J’attendais mon opportunité depuis, et elle se présente là. J’ai un profil hybride, capable d’amener de l’avancée mais aussi de faire jouer autour de moi. J’ai aussi un pied gauche qui peut aider sur l’occupation. Je pense que je peux apporter à l’équipe. Maintenant, à moi de marquer les esprits pour être dans le coup sur cette fin de saison.”

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